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2020-11-13
Quelle avenue emprunter pour limiter la crise climatique?

Quelle avenue emprunter pour limiter la crise climatique?

Les humains sont-ils capables de sortir de leur torpeur et de leur inaction en regard de l’environnement ?

Les enjeux propres aux changements climatiques et aux actions qui doivent impérativement être posées par l’humain pour renverser la tendance ne sont pas nouveaux en soi. Parfois, j’ai bien l’impression que la grande majorité des citoyens en ont assez que quelques-uns d’entre nous se lèvent pour remettre ce sujet au-dessus de la pile, alors qu’au contraire, beaucoup d’individus feraient tout pour le balayer sous le tapis. Mis à part les climatosceptiques, il n’est malheureusement pas totalement erroné de supposer qu’une grande portion de la population ne se soucie pas véritablement de ce qui passe en dehors de son quotidien, et de sa bulle familiale et amicale. Et il est bien là le problème — car cela en est bien un ! Nous vivons une période assez particulière, il faut bien le dire, où les citoyens n’ont pas d’autre choix que de s’adapter.

L’arrivée du coronavirus dans nos vies nous a forcés à appréhender le quotidien différemment, à faire preuve de flexibilité et même à faire une croix — du moins temporairement — sur certains projets personnels ou même professionnels. Je le fais de bonne foi, NOUS le faisons de bonne foi, parce que nous voulons retrouver une qualité de vie saine et agréable. Pourquoi ne faisons-nous pas preuve de cette même capacité d’adaptation pour permettre à la planète de se reposer un peu de notre présence ?

Je choisis de mettre le « dossier » de la lutte aux changements climatiques au-dessus de la pile, car il ne nous reste plus énormément de temps pour canaliser l’augmentation de la température planétaire. Chaque jour, nous parlons les uns avec les autres de ce désir de retrouver notre « vie » d’avant, nos plaisirs petits et grands, nos amis, nos activités, etc. Mais il est temps de cesser de porter des œillères ; notre « vie » d’avant, nous ne la retrouverons pas bien longtemps si nous demeurons dans l’inaction citoyenne, et si les États restent, eux aussi, dans une perspective d’en faire le moins possible et de remettre à plus tard ce qui doit être fait dès maintenant.

Au début du mois d’octobre, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un dossier illustrant trois scénarios possibles quant aux pires effets des bouleversements climatiques qui risquent de se faire sentir dans les prochaines années, sans une action forte et concrète imminente par tous les États mondiaux. Dans un article publié dans LeDevoir, le journaliste Alexandre Shields fait état des « bouleversements climatiques [qui] risquent de rendre le monde carrément “méconnaissable” d’ici la fin du siècle. » Les différents scénarios illustrés par le GIEC nous permettent ainsi de remettre en perspective les impacts de nos choix et de nos actions. C’est également l’occasion toute désignée de prendre des décisions éclairées pour la relance économique qui suivra la fin de la pandémie. Le GIEC fait état de trois scénarios allant du pire au plus efficient : une « action tardive et non coordonnée », une « action tardive, mais décisive » et une « action hâtive et efficace ». Je vous invite d’ailleurs à consulter ces scénarios à l’adresse suivante pour en connaître les détails : https://www.ipcc.ch/sr15/mulitimedia/worlds-apart/. Le monde de demain est, en quelque sorte, dépendant des décisions que nous prendrons aujourd’hui, d’où l’importance de faire bouger les choses au plus tôt.

À titre informatif, voici un bref exposé de ce qu’il adviendra de notre « monde » en fonction des trois scénarios envisagés par le GIEC :

1. Une action tardive et non coordonnée : La hausse moyenne des températures mondiales par rapport à l’ère préindustrielle pourrait atteindre 1,5 degré dès 2030, puis 3 degrés d’ici 2100. Il est également question d’un accroissement fulgurant des vagues de chaleur, des événements climatiques extrêmes, tempêtes, inondations, déforestation, fonte de la calotte glaciaire, etc. De tels événements auront aussi des impacts dans d’autres sphères de notre existence comme une augmentation des coûts de la nourriture, des réfugiés climatiques, une instabilité politique, des conflits liés à la migration forcée, des radiations solaires…

2. Une active tardive, mais décisive : Il y aura également une hausse moyenne des températures mondiales par rapport à l’ère préindustrielle au-dessus du seuil décisif annoncé par l’Accord de Paris, mais en adaptant notre économie, nous pourrions éviter un véritable désastre. Toutefois, ce scénario prévoit également une augmentation des vagues de chaleur, des tempêtes, des sécheresses, puis une perte de fertilité des sols et de certains écosystèmes. Les récifs coralliens pourraient également disparaître…

3. Une action hâtive et efficace : Ce scénario permet de « sauver les meubles », de limiter certains dégâts qui seraient véritablement néfastes pour l’humanité. Le GIEC prévoit néanmoins un réchauffement planétaire avoisinant les 2 degrés d’ici 2050, qui provoquera des sécheresses, une baisse de la production agricole et des migrations. Les experts nous informent également de l’importance de s’éloigner de notre dépendance aux énergies fossiles. Avec le temps et les efforts nécessaires, nous pourrions permettre une diminution de la température moyenne et favoriser la résurrection de la barrière de corail.

Peu importe le scénario qui se réalise, l’état de santé et le bien-être des humains risquent fort de se retrouver considérablement réduits, mais il nous appartient de choisir l’option qui représente le moins de méfaits pour notre espèce et l’environnement. Récemment, dans une déclaration qui a été diffusée sur YouTube, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, expliquait qu’« aucun pays n’est immunisé contre la crise climatique, mais dans chaque pays, ce sont les personnes les plus pauvres qui sont le plus vulnérables même si elles sont celles qui sont le moins à l’origine du problème. » Il est vrai que pour une injustice sociale, c’en est une flagrante ! Les personnes qui abusent le moins de l’environnement sont celles qui souffriront du traitement que les plus nantis infligent à la planète. C’est important d’en être conscients et de prendre ses responsabilités en conséquence. La pandémie ne peut pas davantage être une excuse pour reporter les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés par l’Accord de Paris.

À l’heure actuelle, nous sommes bien loin des objectifs établis lors de l’Accord de Paris. Les experts du GIEC considèrent que nous devrons réduire les émissions de GES de 45 % d’ici 2030 en comparaison des émissions de GES produites en 2010, puis il faudrait ramener le niveau autour de zéro d’ici 2050. En ce qui concerne notre État, il est essentiel que le gouvernement refuse que l’exploitation des énergies fossiles et des sables bitumineux soit l’un des vecteurs de reprise de notre économie. Chaque geste compte, chaque choix compte, chaque année compte ! Les États ont la responsabilité de cesser de tarder dans la mise en place d’un plan d’action pour lutter contre la crise climatique, tout comme chaque citoyen a la responsabilité de faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire en sorte que le monde de demain ne soit pas que désastre et inégalité sociale.

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