Marché local
2018-11-10
Faire appel à la responsabilité individuelle des citoyens québécois.

Faire appel à la responsabilité individuelle des citoyens québécois.

Depuis l'élection d'un gouvernement caquiste à la tête de la province, nombreux sont ceux qui doutent de l'adoption de lois et de mesures environnementales concrètes visant la réduction des émissions de GES. La CAQ a admis avoir du travail à faire en matière d'écologie, mais ce parti respectera-t-il les engagements pris lors de la signature de l'Accord de Paris? L'accord, signé par 195 États, stipule qu'il est nécessaire de réduire les émissions de GES de 40% à 70% d'ici 2050 pour limiter le réchauffement à 2 degrés Celsius ou qu'il est fondamental d'abaisser les émissions de GES de 70% à 95% pour rester sous la barre des 1.5 degrés Celsius. François Legault dispose de quatre années pour nous montrer que son gouvernement se préoccupe des changements climatiques et de la biodiversité. Cela dit, l'inaction et le manque flagrant de responsabilisation des instances politiques peuvent donner lieu à des rassemblements et des actions citoyennes d'envergure. Mercredi dernier, l'un de ces rassemblements citoyens avait lieu au Théâtre du Nouveau Monde, ce dernier visant la signature d'un « Pacte pour la transition ». Il s'agit d'une initiative de l'auteur et metteur en scène Dominic Champagne. Ce « pacte » a été lancé mercredi matin et signé par plus de 400 personnalités québécoises, allant du comédien au scientifique. Cette initiative citoyenne enjoint les Québécois à prendre l'engagement solennel de réduire leur empreinte écologique par des gestes concrets. Chaque signataire s'engage à faire sa juste part pour les deux prochaines années, soit jusqu'au prochain sommet mondial sur le climat. Je tiens à saluer une telle mobilisation, car le « Pacte de la transition » est passé de 400 à 120 000 signataires en deux jours. Un entretien a d'ailleurs eu lieu entre François Legault et Dominic Champagne en journée, ce vendredi. Considérant que M. Legault s'est engagé à se montrer à l'écoute des Québécois, nous avons le devoir de lui communiquer nos priorités sociétales.

Je souhaite tout de même revenir sur les engagements propres au « Pacte de la transition »; il ne s'agit pas d'engagements parfaits, mais plutôt d'engagements à hauteur d'homme. « Nous voulons passer de la parole aux actes! », voilà ce que nous affirme ce pacte. Il s'agit là d'une invitation à se sentir concerné et à exercer notre responsabilité individuelle : « Ensemble, citoyens et citoyennes de partout au Québec, des villes et des régions, du monde des affaires au communautaire, par-delà nos divergences politiques et en concorde avec les peuples autochtones, nous manifestons notre ferme volonté de poser les gestes qui s'imposent pour protéger le monde dans lequel nous vivons et nous diriger vers un avenir sobre en carbone! » Les responsabilités citoyennes consistent, à la fois, en la réduction de notre consommation de pétrole, en la réduction de nos déchets et autres sources de pollution, en la réduction de notre consommation de viande, en l'établissement d'une stratégie individuelle ayant pour but la réduction de notre empreinte écologique et en un engagement citoyen qui se traduira par une implication communautaire. Comme vous pouvez le constater, ces engagements sont loin d'être inaccessibles. Chaque Québécois qui a à cœur la sauvegarde de notre environnement peut s'orienter vers un tel changement dans ses habitudes de vie. Je vous invite d'ailleurs à lire la totalité de ce pacte (si ce n'est déjà fait) à l'adresse suivante : http://www.ledevoir.com/documents/pdf/18-11-07-pacte-transition-AS%202.pdf, et à vous joindre aux signataires si vous souhaitez passer de « la parole aux actes » : https://www.lepacte.ca/.

Mis à part la responsabilité individuelle des Québécois, le « Pacte de la transition » demande également un engagement des instances gouvernantes. La démarche citoyenne est cruciale, mais l'action politique constitue également un incontournable face à l'urgence de la situation. Les signataires de ce pacte demandent, en outre, au gouvernement « d'adopter les lois et les actions forçant le respect de nos engagements climatiques; que toutes les décisions prises au fédéral, au provincial et au municipal passent le crible de leurs impacts climatiques », de « présenter un calendrier à court terme pour cesser toute exploration et exploitation des énergies fossiles au Québec et abolir toutes formes de subventions aux hydrocarbures », « d'adopter rapidement une Politique nationale de l'architecture et de l'aménagement », etc. Le droit à la sécurité fait partie de la Charte des droits et libertés de notre Constitution, mais qu'en est-il de la sécurité de la population lorsque le gouvernement en place ne prend pas toutes les mesures visant l'optimisation de celle-ci? La science a clairement statué sur l'urgence d'agir pour refréner les bouleversements climatiques. Protéger ses citoyens de trop grandes répercussions climatiques fait partie des engagements que doivent prendre les politiciens; prévenir et minimiser les dangers consiste en la responsabilité de l'État envers ces mêmes citoyens.

En pareille circonstance, si l'action passe par la responsabilité individuelle des citoyens, elle passe également par des engagements des instances politiques envers sa communauté d'électeurs. Dans ce « Pacte de la transition », je vois une démarche pour la sauvegarde d'un monde dans lequel il fait bon vivre qui ne peut qu'amener d'autres formes de mobilisation. In fine, je souhaite que chaque citoyen fasse un pas vers l'avant pour forger un socle communautaire solide et solidaire pour limiter les dégâts causés par l'humain à l'environnement, et permettre aux citoyens d'aujourd'hui et de demain, l'accès à de saines conditions de vie.



Stéphanie St-Pierre

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