Marché local
2019-08-07
Adopter les changements transformateurs qui s'imposent afin

Adopter les changements transformateurs qui s'imposent afin

Faisons un petit exercice, de la manière la plus naïve qui soit. Gardez-vous des souvenirs des hivers et des étés de votre enfance ? Remarquez-vous des différences, des transformations ? Vous rappelez-vous seulement des terrains vagues, des espaces inhabités ? Que sont-ils devenus aujourd’hui ? Le climat s’est transformé, notre habitat s’est transformé et la qualité de notre air aussi. Cela s’explique notamment par la croissance de plus de 100 % des zones urbaines depuis 1992, mais également par l’augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre depuis 1980 et par l’accroissement des pêcheries non durables. Les experts estiment que 93 % des stocks de poissons marins étaient « exploités à un niveau biologiquement non durable » en 2015. Ces chiffres donnent des frissons, car ils montrent avec justesse la mauvaise gestion des ressources et de la biodiversité qui a été faite par l’être humain dans les dernières années. Cela m’amène à penser que nous devons nous positionner dans une situation d’alerte pour nous raviser, pour rectifier le tir.

Lundi dernier, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui regroupe plus de 145 experts, a publié un rapport qui dresse un tableau austère de l’avenir de l’être humain si nous ne changeons pas le fondement de nos économies et notre mode de vie (https://www.ipbes.net/news/Media-Release-Global-Assessment-Fr). Le rapport explique qu’un million d’espèces se retrouvent menacées d’extinction, et beaucoup d’autres pourraient bien se retrouver dans la même situation dans les prochaines années. Nombreux sont les scientifiques à définir cette transformation comme la 6e extinction de masse. Les écosystèmes sont en péril. Combien d’espèces devront encore s’éteindre avant que nos gestes prennent le dessus sur nos paroles ? L’humain est dépendant de la nature, mais il ne semble pas vouloir renoncer à sa destruction pour autant. Depuis la révolution industrielle, les états voient le progrès et la croissance économique en se concentrant sur le PIB comme seule mesure de richesse, mais les états voient-ils seulement que la plus grande richesse est la biodiversité, celle-là même qui assure notre pérennité ? Robert Watson, président sortant de l’IPBES, affirme que « nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier. » Les propos de M. Watson sont empreints de vérité : la déforestation, l’agriculture intensive, la surpêche, l’accroissement des zones urbaines, tant de facteurs qui expliquent qu’à l’heure actuelle, 75 % des terres et 66 % des océans ont grandement été modifiés par les activités humaines.

Bien sûr, l’espèce humaine ne fait pas partie des espèces en voie d’extinction identifiées dans le rapport de l’IPBES, mais nous devons individuellement et collectivement nous demander si nous souhaitons seulement survivre ou si nous désirons nous garantir une bonne qualité de vie? L’être humain peut survivre à cette perte de la biodiversité, mais quelles seront ses conditions de vie ? Je ne m’interroge pas sur nos chances de survie, mais sur notre vie, car c’est ici que réside le problème auquel nous faisons face en ce moment. Si nous souhaitons mettre un frein au saccage des écosystèmes, les gouvernements doivent prendre des décisions en réfléchissant au-delà du PIB ; ils doivent intégrer d’autres formes de capital, comme le capital humain, naturel, social, etc. Le rapport de l’IPBES suggère d’ailleurs aux gouvernements la mise en place d’une réforme de la fiscalité et la mise à mal des aides publiques « perverses », notamment les subventions annuelles au secteur des énergies fossiles. Le biologiste, Alain Branchaud, propose, quant à lui, la protection de 30 % des milieux terrestres et 30 % des milieux marins d’ici 2030, un projet ambitieux, mais porteur du désir de voir la nature s’épanouir.

Le rapport montre aussi que l’effondrement de la biodiversité terrestre est d’abord occasionné par les changements d’utilisation des sols, que ce soit pour l’agriculture ou encore, pour la production de produits animaux. Le système agroalimentaire en place n’est pas raisonnable. Comment pouvons-nous espérer qu’il nous permettra de nourrir 10 milliards d’individus de façon « durable » en 2050 ? L’industrie agroalimentaire joue un rôle de premier ordre dans la perte de la biodiversité. Les gouvernements doivent s’orienter vers l’agroécologie et vers une meilleure gestion de l’eau, mais l’individu doit, pour sa part, modifier son régime alimentaire et réduire le gaspillage. Dans son analyse du rapport de l’IPBES, Yann Laurans, directeur du programme biodiversité de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), affirme que « la priorité est de réduire la part de produits animaux dans l’alimentation. » Désormais, ce sont les trois quarts des terres agricoles qui sont destinées à l’élevage d’animaux et à la production de céréales pour leur alimentation. Les flottes des pêcheries industrielles, quant à elles, occupent environ 55 % des mers, une occupation bien souvent illégale ou non réglementée. Le système agroalimentaire est déficient et il contribue à la mise en danger des écosystèmes. Dans un tel contexte, un engagement des états à réduire la part carnée de l’alimentation constitue l’une des mesures les plus efficaces pour venir en aide à la biodiversité.

Le rapport inédit de l’IPBES sur notre « patrimoine environnemental mondial » a permis de mettre en lumière de nombreux impacts de l’activité humaine sur les écosystèmes. Jusqu’ici, les gouvernements adoptaient des mesures et des règlements dans le but de réduire les émissions de GES en s’appuyant sur le réchauffement climatique. Or, le présent rapport démontre que la perte de la biodiversité implique des conséquences aussi grandes sur l’espèce humaine. Le rapport publié lundi constitue un consensus scientifique sur lequel les états devront s’appuyer afin de prendre des engagements nationaux qui devront être évalués et corrigés, si nécessaire. Il n’est jamais trop tard pour revoir ses positions !


Stéphanie St-Pierre

Articles précédents

Chez Robin marché local vous vivrez une expérience qui ne vous laissera pas sur votre faim!

NO DISPLAY

320 iPhone Vertical

360 Galaxy Vertical (Android)

480 iPhone Horizontal

640 Galaxy Horizontal (Android)

768 Tablette Verticale

1024 Tablette Horizontale ou écran carré 17 pouces

1280 Ordi. de table / portable ou Tablette horizontale

1366 et 1440 Ordinateur portable ou de table

1680 Ordinateur de table / TV HD

1920+ Ordinateur / TV Full HD

2560+ Ordinateur / TV Ultra HD 2.5K

3840+ Ordinateur / TV Ultra HD 4K