Marché local
2019-08-07
Bientôt un virage vert pour les municipalités?

Bientôt un virage vert pour les municipalités?

Comme nous sommes les principaux responsables de la détérioration des différentes ressources de la Terre, nous avons le devoir d’adopter des mesures qui permettront, in fine, de la protéger. Cela paraît logique, mais l’application d’un tel mode de conscience au quotidien ne se fait pas sans difficulté. Les citoyens peuvent, sur une base individuelle, adapter leur mode de consommation de façon à réduire leur empreinte carbone, leur gaspillage alimentaire et matériel, leurs déchets, mais il est essentiel d’aller plus loin. La population doit se mobiliser afin d’enjoindre les municipalités d’agir pour le bien de la collectivité. Il est impératif que les villes effectuent un « virage vert » pour le bien de ses citoyens. Le développement durable doit prévaloir sur les considérations financières des municipalités.

Lors du congrès de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) qui se tenait à Québec du 30 mai au 2 juin dernier, Elizabeth May a pris la parole, demandant à tout un chacun de sortir « sur le pont » afin de s’attaquer concrètement à l’urgence climatique. Lors de ce même discours, la chef des Verts a déclaré qu’« […] on doit faire face à la menace contre notre avenir et on doit faire ça ensemble. Ce n’est pas un moment pour diviser la population du Canada, c’est le moment d’avoir tout le monde sur le pont ! » Elle a beaucoup insisté sur le fait que l’enjeu du climat n’est pas seulement un problème environnemental, mais plutôt une menace à la sécurité. L’élue de la circonscription de Saanich-Gulf Islands en Colombie-Britannique a d’ailleurs relevé une analogie qui mérite d’être rapportée afin que chacun prenne pleinement conscience des actions qui doivent être posées par les élus et par la population. May compare l’état d’urgence actuel à l’évacuation des troupes britanniques qui étaient retranchées sur les plages de Dunkerque durant la Seconde Guerre mondiale. Malgré le fait que les troupes britanniques étaient piégées, à la merci des troupes nazies, le gouvernement de Churchill a refusé de capituler et a lancé l’opération Dynamo dans le but de rapatrier les troupes alliées. Pour le bien de la cause, toutes les embarcations étaient mobilisées, y compris celles des civils à Douvres. En se référant au nombre d’embarcations civiles à Douvres, la chef des Verts demande : « Combien de groupes communautaires veulent agir à l’échelle locale ? Planter des arbres ou installer des panneaux solaires sur les toits ? » Il va de soi que les individus doivent se mobiliser pour poser des actions « vertes » au sein de leur foyer et de leur municipalité, mais les villes ont aussi un rôle phare à exercer pour accélérer le développement durable.

Au Québec, nous avons encore des « croûtes à manger » afin de parler d’urbanisme écologique et durable. La population de la province génère, en moyenne, 9,6 tonnes de CO2 par habitant, il s’agit là d’un retard certain en comparaison de la Norvège (8,4 tonnes de CO2 par habitant), de la Suède (4,2 tonnes de CO2), ou encore de la France (5,5 tonnes de CO2), des chiffres répertoriés par le Global Carbon Project. La semaine dernière, le journal LeDevoir publiait un dossier s’interrogeant sur la Norvège comme pays modèle en matière de lutte contre les changements climatiques. Le dossier en question s’attardait sur le paradoxe lié aux hydrocarbures des Norvégiens, sur la révolution de la voiture électrique au sein du pays et sur Oslo en tant que ville verte. Le dossier portant sur la métropole norvégienne a tout particulièrement retenu mon attention, car cette ville est bien souvent qualifiée comme l’une des capitales vertes à l’échelle mondiale. Habitant aussi une grande métropole, je m’interroge à savoir si nous pourrions nous inspirer de l’exemple scandinave afin d’insuffler à notre belle métropole un tournant « vert ». Depuis quatre ans, la ville d’Oslo est gouvernée par des élus qui ont choisi d’accélérer le virage vert au sein de la capitale, allant jusqu’à retirer les voitures de son centre-ville. Le maire d’Oslo, Raymond Johansen, explique que « le but est de remplacer les voitures par les gens au cœur du développement de la ville ». Rappelons qu’Oslo compte une population de 1,6 million d’habitants et le pays, 5,3 millions d’individus. La population du Québec n’est pas si éloignée de celles des Norvégiens. Afin de restreindre l’entrée des voitures dans le centre-ville de la capitale, les élus ont imposé des péages, ont multiplié les voies réservées au transport en commun, ont supprimé des places de stationnements dans les rues, ont aménagé de nouvelles pistes cyclables, ont augmenté le nombre et la fréquence de passage des trains et autres transports en commun, etc. Bref, les élus ont gardé le cap de leur engagement, soit celui de réduire les émissions de gaz à effet de serre et ainsi, participer activement à la protection de la Terre.

Le mandat des municipalités n’est pas de plaire à tout un chacun, mais de répondre aux besoins du plus grand nombre. Or, il s’avère que la sécurité doit être au centre des préoccupations de nos élus municipaux. La sécurité, c’est assurer à la population une qualité de l’air acceptable, des conditions de vie saines et agréables. Pour ce faire, il est fondamental que les élus soient en première ligne afin d’appliquer des lois qui ne feront peut-être pas l’unanimité, mais qui auront été prises pour le bien de la population et de l’environnement. Prendre ses responsabilités citoyennes en regard des conditions climatiques implique des compromis et des changements. Il y aura toujours des mécontents, mais les décisions doivent être prises au nom du bien commun. Je ne vois pas en quoi se détourner de sources de pollution comme les voitures pour mettre les gens au centre du développement urbain est une tare, bien au contraire. Lorsque nous choisissons d’habiter une grande métropole, nous acceptons de nous adapter aux changements urbains en vue de nous tourner vers les énergies renouvelables et le développement durable. Les municipalités n’ont pas à faire plaisir aux conducteurs de voitures, aux commerçants ou aux lobbyistes ; ils doivent assurer le bien-être et la sécurité de ses habitants. Ce n’est pas compliqué, cela nécessite seulement de faire preuve de volonté politique. Transformons les excuses habituelles en actions pour le bien de la communauté !


Stéphanie St-Pierre

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