Marché local
2018-05-18
Comment peut-on réduire la circulation automobile dans les zones urbaines?

Comment peut-on réduire la circulation automobile dans les zones urbaines?

Que ce soit au Québec, ailleurs au Canada ou en Amérique du Nord, l'automobile est le mode de transport privilégié afin de nous transporter d'un point « A » à un point « B ». L'Amérique du Nord entretient un véritable « culte » pour l'automobile. Le réseau routier est mis en place d'abord et avant tout pour les automobilistes; les ponts sont construits d'abord et avant tout pour les automobilistes; les villages, les banlieues et les villes sont également construites pour convenir aux voitures. Ce constat nous amène à nous interroger sur notre approche des transports routiers. N'y aurait-il pas un moyen d'envisager la gestion des transports comme une problématique collective? On peut aussi se questionner à savoir si le problème réside dans les transports en soi, ou dans notre conception de l'urbanisme?
Pour les usagers de la route au Québec, ce n'est pas un secret, les routes en zone urbaine sont congestionnées durant les heures de pointe. La voiture incarne la reine de nos moyens de transport, alors que les transports collectifs sont déficients, désuets ou inexistants dans beaucoup de municipalités québécoises. Parlons « statistiques » un bref instant. Sur une période de dix ans, le taux de croissance des véhicules de promenade a été deux fois plus élevé que celui de la population dans la province. Cette augmentation se traduit également par une augmentation de 27% des émissions de GES issues du transport routier entre 1990 et 2014. Ces hausses conséquentes de voitures et de GES ne traduisent en aucun cas la responsabilisation du citoyen. évidemment, les citoyens ne sont pas les seuls à blâmer dans une pareille situation. La responsabilité incombe aussi aux municipalités qui choisissent d'aménager de nouveaux quartiers résidentiels de même qu'aux entreprises et aux institutions. Le problème majeur de notre réseau routier est qu'il est conçu pour avantager les voitures et non les transports collectifs sous toutes leurs formes. Cela dit, le constat qui s'impose va au-delà des réseaux de transport et de l'amélioration de ceux-ci : ce sont les villes qui sont déficientes.

Christian Savard, directeur général de Vivre en ville, explique que « [d]ans le milieu, on se plaît à répéter que le meilleur plan de transport, c'est d'abord et avant tout un bon plan d'urbanisme. » Il ajoute : « C'est généralement suffisant de savoir où les gens vivent pour deviner comment ils se déplacent. À partir de ça, ce n'est pas difficile de comprendre que de repenser comment et où on construit nos villes, c'est s'attaquer directement à la source de notre mobilité. » Nous ne pouvons nous empêcher de voir dans les propos de M. Savard l'origine de nos problèmes de transport, mais aussi la solution pour y remédier. La meilleure option serait que nos villes soient bien aménagées sur de courtes distances afin que l'on puisse réaliser l'ensemble de nos déplacements à pied ou encore à vélo. Nous ne répéterons jamais assez à quel point les moyens de transport sans combustion représentent un atout pour notre santé et pour l'environnement.

Tout récemment, le ministère des Transports déposait une nouvelle Politique de mobilité durable. Pour la première fois à l'échelle nationale, une politique de mobilité reconnaît un lien intrinsèque entre les réseaux de transport et l'aménagement du territoire. In fine, le ministère des Transports espère qu'une telle politique pourra favoriser la réduction des GES. Le temps nous dira si une telle démarche aura un effet bénéfique sur l'environnement et sur le réseau routier.

L'état n'a de cesse de « vendre » à ses citoyens l'idée que la décongestion des routes passe par l'implantation de transports collectifs de grande envergure : un tramway à Québec, le prolongement de la ligne bleue à Montréal, une plus grande flotte d'autobus pour desservir la métropole, etc. Sans être dénués d'intérêt, ces grands projets ne risquent pas de se concrétiser dans un délai raisonnable, alors comment peut-on désengorger notre réseau routier dans de plus brefs délais? Un programme de valorisation du covoiturage et du transport collectif pourrait être mis de l'avant par les municipalités. Le péage urbain est aussi une option envisageable, mais audacieuse sur le plan politique. Selon Luc-Normand Tellier, professeur émérite au Département d'études urbaines et touristiques de l'ESG-UQAM, « il suffirait que nous imposions une taxe de congestion sur tous les ponts de Montréal pour qu'enfin tous retrouvent la raison et que les citoyens travaillant sur l'Île de Montréal désertent les banlieues pour revenir sur l'île et que ceux travaillant dans les banlieues quittent l'île. Ainsi, la congestion, tant sur l'île qu'en dehors de l'Île serait enfin réduite. » Une telle mesure serait largement décriée par la population qui utilise majoritairement l'automobile pour se déplacer. Bien que radicale, la suggestion de M. Tellier n'est pas dénuée de vérité. En se rapprochant de leur lieu d'emploi, les travailleurs pourraient délaisser la voiture et opter pour un mode de transport plus vert.

Sans prendre des mesures extrêmes, les villes, de pair avec les citoyens, pourraient s'entendre sur des mesures tangibles qui faciliteraient les transports au quotidien, sans se lancer dans des projets de grande envergure comme la ligne bleue du métro qui est annoncée depuis une bonne trentaine d'années. Prenons le temps, comme citoyen, de définir nos priorités en fonction du contexte urbain dans lequel nous évoluons.


Stéphanie St-Pierre

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