Marché local
2018-04-11
L'eau, une ressource vitale trop souvent délaissée.

L'eau, une ressource vitale trop souvent délaissée.

La croissance démographique exerce une pression très importante sur la ressource en eau. La gestion de l'eau, qui devrait constituer un enjeu prioritaire des institutions internationales et des autorités mondiales, se retrouve souvent écartée des discussions au détriment de l'accroissement de gains financiers qui a une incidence négative sur cette grande richesse de la planète. Les industries pétrolières et gazières accaparent davantage l'attention des gouvernements, car elles permettent de générer des profits astronomiques. L'eau, quant à elle, ne génère pas autant de profit, mais elle permet la vie... N'est-ce donc pas assez? L'eau, c'est 70 % du poids de l'adulte et 80% de celui de l'enfant. Une perte de 10% de cette eau peut entraîner des troubles graves et une réduction de 20% de cette eau peut mener à la mort. Le simple fait que nous soyons majoritairement constitués d'eau devrait nous motiver à trouver des moyens de protéger l'eau potable.

Lors du Forum international de l'eau, l'ONU et de nombreux spécialistes et politiciens présents à Brasilia ont appelé à des gestes concrets pour éviter que la Terre manque d'eau. Pour le président brésilien Michel Temer, « il n'y a tout simplement pas de temps à perdre ». Rappelons que le Brésil compte 18% de l'eau potable de la planète, mais depuis 2012, le nord-est du pays est en proie à la plus longue sécheresse de son histoire. D'ailleurs, un rapport de l'ONU nous informe que près de la moitié de la population mondiale (3.6 milliards d'habitants) habite dans des zones où l'eau peut manquer pendant au moins un mois par an. Ce nombre, déjà catastrophique pourrait s'accroître pour atteindre 5.7 milliards d'habitants en 2050. Un récent article publié dans les médias nous informait que chaque année, 53000 enfants meurent au Pakistan des suites de s'être abreuvés d'une eau polluée. La pollution de l'eau donne lieu à des souffrances mortelles : des diarrhées, des infections du sang, la typhoïde, le choléra, la dysenterie, etc. Les usines jettent leurs déchets dans les rivières et l'eau connait un niveau de pollution sans précédent. Des études ont également fait état de la présence de métaux lourds dans les arêtes des poissons, des poissons qui seront mangés par la population locale. Les mesures d'assainissement ne sont pas à l'ordre du jour, tout comme l'environnement ne fait pas partie de l'agenda politique.

Bien que cette réalité paraisse éloignée de la nôtre, nous sommes également touchés par la mauvaise gestion de l'eau. Nous ne sommes pas à l'abri de la mauvaise qualité de l'eau, de la dégradation des ressources marines, des marées noires et des contaminants chimiques de l'eau. Il y a également un problème d'éducation en ce qui a trait à la gestion quotidienne de l'eau par les citoyens. Pensons aux pelouses abondamment arrosées, aux voitures d'une propreté immaculée en période de sécheresse... La protection de l'eau est non seulement l'affaire de l'état, mais celle du citoyen qui doit prendre conscience de ses gestes fautifs et les corriger. Au Québec, en 2014, le gouvernement Couillard a adopté un Règlement sur le prélèvement des eaux et de leur protection (RPEP). Ce dernier prévoit une distance minimale de 500 mètres entre une source d'eau et un forage. Un « comité de pilotage » réunissant 338 municipalités sur l'ensemble du territoire québécois souhaite porter cette distance à deux kilomètres pour éviter tout risque de contamination de l'eau des résidents. Pour l'instant, le ministère québécois de l'environnement fait la sourde oreille et n'entend pas agir en faveur de cette requête. Pourtant, l'inquiétude d'un forage aussi prêt d'une source d'eau a de quoi inquiéter les municipalités. La gestion de l'eau doit être remise au centre de nos préoccupations et ce, pour le bien-être de la biodiversité, mais pour le bien-être de l'espèce humaine aussi.

Face aux changements climatiques et aux données alarmantes des études sur l'état de l'eau, l'ONU recommande fortement que les pays travaillent ensemble afin de trouver des « solutions vertes » dans leur gestion de l'eau, de cesser de construire des barrages et des stations d'épuration. Richard Connor, rédacteur en chef du rapport annuel des Nations Unies a expliqué, dans le cadre d'une conférence à Paris, que des processus naturels peuvent « agir comme régulateurs, nettoyeurs et fournisseurs d'eau ». À l'heure actuelle, certaines villes ou pays parviennent à mettre en œuvre des « solutions durables » pour la gestion de l'eau. Pensons à la municipalité de New York qui, depuis de nombreuses années, a développé une politique de protection de trois bassins versants qui alimentent la ville (8.5 millions d'habitants). Il s'agit ici d'une démarche qui participe aux programmes de préservation des forêts et qui encourage les agriculteurs dans leurs bonnes pratiques. D'autres projets pilotes ont cours en égypte et au Brésil, ceux-ci permettent notamment le traitement des eaux usées sans pour autant se satisfaire des stations d'épuration habituelles. M. Connor confirme que ces solutions sont rentables et peu onéreuses, alors pourquoi poursuivre dans une voie polluante lorsque nous savons que la disparition de l'eau potable est intrinsèquement liée à notre propre disparition. L'échec de l'un entrainera l'autre, c'est un fait, ni plus ni moins. Les « solutions vertes », si elles n'étaient pas si marginales pourraient jouer un rôle favorable dans l'érosion et la qualité des sols, dans la sauvegarde de la végétation, dans la prévention des sécheresses et des inondations, etc. L'eau est une ressource publique et vitale; on ne doit, sous aucun prétexte, y jeter nos ordures et contribuer à sa mauvaise qualité. N'oublions jamais que l'eau est notre constituante principale!


Stéphanie St-Pierre

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