Marché local
2018-03-11
Manger de la viande, mais à quel prix?

Manger de la viande, mais à quel prix?

La question de la consommation de la viande n'est pas une problématique nouvelle en soi. Depuis plusieurs années, maints rapports d'experts sont évoqués dans les médias afin d'ajuster nos pendules, de nous tenir au fait des nouvelles études produites sur les enjeux de la consommation de la viande d'élevage, à la fois, sur notre santé, mais également sur l'environnement. S'interroger sur le bien-fondé de consommer de la viande et plus particulièrement, de la viande d'élevage est une question qui mérite toute notre attention. évidemment, l'individu détient le libre-arbitre de consommer ou non de la viande sur une base régulière, mais il est tout de même fondamental d'exercer notre choix en sachant bien ce que notre geste implique pour la planète.

Retournons quelques années en arrière, soit en 2006, année durant laquelle la Food and Agriculture Organization (FAO) des Nations unies a publié un rapport très étoffé expliquant que l'élevage d'animaux destinés à la consommation humaine était responsable de plus d'émissions de gaz à effet de serre (GES) que l'ensemble de l'industrie des transports. Selon la FAO, l'industrie de l'élevage et de la production laitière produit 18% de tous les GES, 9% du dioxyde de carbone, 65% de l'hémioxyde d'azote et 37% du méthane dont le pouvoir de réchauffement climatique est au moins 25 fois plus grand que le dioxyde de carbone. Selon les experts, l'élevage industriel représente la principale source de pollution des eaux et ce, aussi bien dans les pays développés que dans les pays émergents. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) confirme des statistiques accablantes : l'agriculture, l'élevage et la déforestation sont responsables de 25% des GES contre 14% pour l'industrie des transports. Inutile de vous rappeler qu'en Amazonie, l'élevage intensif est la principale cause de déforestation.

À la fois source de pollution et nuisance à la biodiversité, l'industrie de l'élevage est loin d'être un problème en voie de se régler, bien au contraire. La FAO estime qu'en 2050, la population mondiale avoisinera les 9 milliards d'humains, des humains qui voudront sans doute eux aussi leur part de viande, de poisson et de produits laitiers. Pour alimenter la population mondiale, la production de nourriture devra presque doubler. Depuis quelques dizaines d'années, la consommation d'aliments d'origine animale est à la hausse, plus spécifiquement les viandes rouges, les produits laitiers, les viandes blanches et les produits transformés. Il est temps de tirer sur la sonnette d'alarme avant que les conséquences ne soient trop grandes pour la planète et la biodiversité. Les estimations de la FAO sont déjà effarantes et c'est sans parler des conséquences plus spécifiques de l'agriculture bovine ou encore, des ressources servant uniquement à nourrir les animaux d'élevage. En effet, la consommation de protéines nécessaires à l'alimentation des animaux d'élevage est d'environ 77 millions de tonnes, alors que les aliments issus de la viande de ces animaux n'en fournissent que 58 millions. Nul besoin d'être doué en calcul pour y voir un déficit majeur.

À l'heure actuelle, l'élevage occupe 70% de la surface mondiale des terres agricoles et 30% des surfaces émergées de la Terre. Peut-on freiner ce saccage avant qu'il ne soit trop tard? Quelles options s'offrent à nous? Le changement passe nécessairement par l'humain. Nous sommes à l'origine de cette destruction de l'environnement. La solution est de refuser d'encourager un élevage intensif qui met en péril la biodiversité et notre qualité de vie.

En refusant d'accepter l'offre des industries d'élevage intensif, nous pouvons nous tourner vers les animaux élevés en pâturage et les fermes biologiques. N'oubliez pas que l'alimentation des animaux qui se retrouvent dans votre assiette peut affecter la valeur nutritionnelle de vos aliments. Les animaux élevés en pâturage sont plus libres, moins contraints dans leurs mouvements, et ils contribuent à la restauration de la santé des sols. Par l'activité de leurs sabots sur le sol, ils fixent le carbone et augmentent la biomasse du sol. Choisir la viande que l'on consomme est déjà un pas important vers l'éco-responsabilité.

Nous en sommes à un point où nous ne pouvons plus nier que nos choix alimentaires ont des conséquences sur l'environnement. Nathalie Jobin (nutritionniste et enseignante au département de nutrition de l'Université de Montréal) estime que le Guide alimentaire (actuellement en révision) devrait recommander de ne consommer de la viande qu'à l'occasion. De manière générale, nous devrions varier notre alimentation, consommer des sources de protéines végétales, des fruits et des légumes. Nous serions ainsi des omnivores à tendance végétarienne. L'alimentation végétarienne et végétalienne a d'ailleurs pris un essor important dans les dernières années. Le végétarisme ou le végétalisme permettrait-il une meilleure sauvegarde de l'environnement? Une piste à suivre!


Stéphanie St-Pierre

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