Marché local
2019-08-07
Prendre conscience de la fonction d'équilibre des pollinisateurs.

Prendre conscience de la fonction d'équilibre des pollinisateurs.

Pour ceux qui l’ignoraient, lundi dernier, le 20 mai, était la Journée mondiale des abeilles (célébrée depuis 2018). Les Nations Unies ont créé cette journée particulière dans le but avoué d’attirer l’attention de l’ensemble de la population planétaire sur le rôle clé que jouent les pollinisateurs, sur leur immense contribution au développement durable, mais aussi sur les menaces qui pèsent sur ces espèces. À titre indicatif, l’ONU a choisi la date du 20 mai, car elle correspond à la journée d’anniversaire du Slovénien Anton Jansa, pionnier des techniques apicoles modernes au 18e siècle. Depuis le rapport publié par l’IPBES sur la perte de la biodiversité, la sauvegarde des écosystèmes se retrouve, plus que jamais, au cœur de l’actualité. Cela dit, je m’interroge à savoir si l’être humain s’éveille et se sensibilise réellement aux problématiques de l’environnement ou si les questions d’extinction demeurent, encore à ce jour, difficiles à visualiser par la population, comme si aucun argument n’était jamais suffisamment solide pour convaincre les citoyens de l’importance de la biodiversité et de l’urgence de modifier nos modes de cultures. Les gouvernements et les citoyens ont trop souvent tendance à minimiser le désastre écologique qui surviendrait si les abeilles venaient à disparaître. Dans une lettre envoyée à Justin Trudeau le 17 mai, Équiterre rappelait que « les pollinisateurs contribuent à 35 % de la production végétale mondiale, en faisant augmenter de 75 % la production des principales cultures alimentaires du monde. » Par ailleurs, l’Association canadienne des professionnels de l’apiculture a récemment révélé que le pourcentage des pertes de colonies a été de 32,6 % à l’échelle nationale en 2018 ; ce sont les pertes les plus élevées depuis 2009. Nous devons garder en mémoire les conséquences probables de la disparition des abeilles :

1. Un tiers de ce que nous mangeons n’existerait plus.
2. Les équilibres de la biodiversité seraient fragilisés, voire bouleversés ; les répercussions pourraient être exponentielles sur les autres espèces végétales et animales.
3. L’être humain devrait remplacer le travail de pollinisation des abeilles par de nombreux investissements financiers.

Depuis 2016, les abeilles sont classées parmi les espèces en voie d’extinction. Leur disparition toujours croissante va de pair avec une utilisation massive des pesticides. Les néonicotinoïdes, par exemple, altèrent leur système nerveux, provoquant successivement la paralysie et la mort du pollinisateur. Les pesticides ne sont pas pour autant les seuls responsables du déclin des abeilles. Nombreux sont les facteurs qui contribuent à leur mort massive : les changements climatiques, la destruction des habitats, la vitesse des machines agricoles qui permet difficilement aux abeilles de s’échapper avant d’être happées par la machinerie, l’apparition de nouvelles maladies en lien avec les activités humaines, la présence de frelons asiatiques, etc.

Les gouvernements s’éveillent doucement et adoptent au « compte-goutte » des solutions pour contrer la mort des pollinisateurs. Au Québec, des mesures sont désormais en place afin d’encadrer l’utilisation de grains enrobés de certains néonicotinoïdes qui font des ravages sur les colonies d’abeilles. Leur utilisation est cependant autorisée avec l’accord d’un agronome. Cette mesure demeure plutôt bancale, puisque les agronomes sont rarement indépendants dans la province. Petit rappel : en avril 2018, l’Union européenne a décidé de sévir sur l’usage de néonicotinoïdes à plein champ, mais ils demeurent autorisés pour les usages sous serres. En septembre 2018, la France, quant à elle, a interdit tous les néonicotinoïdes. Le Québec et le Canada accusent un retard effarant sur nos voisins européens. Il ne faut pas oublier que le problème de mortalité des abeilles ne se résorbera pas seul. Il nécessite des interventions humaines de premier ordre. Ce n’est pas normal que les apiculteurs perdent une aussi grande proportion de leurs colonies d’abeilles, et si les apiculteurs peuvent acheter de nouvelles reines et diviser leurs ruches restantes, cela ne sera pas possible indéfiniment.

La disparition des abeilles domestiques en cache une autre bien plus effrayante : celle des pollinisateurs sauvages qui ont le rôle de maintenir l’équilibre de la biodiversité et qui favorisent les cultures maraîchères. Monique Boily, professeure associée au département des sciences biologiques de l’UQAM, explique que « plusieurs recherches sont faites sur l’abeille, mais on a très peu d’informations pour les pollinisateurs sauvages. Et ce qui affecte les abeilles est très susceptible de les affecter aussi. Je parle des bourdons. Je parle des abeilles solitaires. » Nous avons le devoir d’approcher la nature autrement. Un changement de « lunette » peut nous paraître déstabilisant au départ, mais avec le temps, il devient banal. Gardons en tête que si le changement nous effraie au stade de la théorisation et de la mise en application, il devient rapidement un réflexe naturel et automatique au quotidien.


Stéphanie St-Pierre

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