Marché local
2018-07-28
Que peut-on faire pour remédier à l'appauvrissement croissant des sols?

Que peut-on faire pour remédier à l'appauvrissement croissant des sols?

Au cours des 50 dernières années, le Québec est passé d'une agriculture de subsistance à une agriculture industrielle, ce qui a eu pour effet de dégrader considérablement les conditions environnementales. La détérioration des sols ne devrait pas nous laisser de marbre, puisque celle-ci a un impact négatif sur notre environnement, sur notre alimentation et, in fine, sur notre santé. Je pense qu'il est plus que temps que les citoyens se sentent interpellés par les conditions des terres, car sans l'interaction entre la terre, l'air, la lumière naturelle et l'eau, il n'y aurait pas de vie humaine. Les terres arables sont les signataires de notre survie, de notre capacité à " être ", à exister. Sans surprise, la plupart des terres arables sont utilisées au Québec et au Canada, mais on observe que les conditions de culture se dégradent année après année. Plusieurs facteurs jouent un rôle de premier ordre dans ce contexte : le recul de la jachère, les monocultures, l'intensification de la production, la compaction du sol, etc. Il m'apparaît comme une nécessité que les citoyens comprennent qu'un terreau surutilisé, surexploité et vidé de ses nutriments ne peut ultimement nous offrir des aliments riches en nutriments qui répondront à nos besoins alimentaires.

Si l'érosion fait rérérence à l'usure normale des sols sous l'action combinée du vent, de l'eau et de la gravité, il n'en demeure pas moins que l'utilisation des terres par l'homme pour l'agriculture ne fait qu'acc?l?rer son processus d'usure. Ne nous leurrons pas, l'?rosion des sols a une incidence ind?niable sur la qualité de l'eau, mais aussi sur la productivité agricole. En 2015, l'Organisation des Nations unies a intégré l'agriculture durable à ses Objectifs du développement durable. Selon les données obtenues par l'ONU, 75% de la diversité des cultures a disparu des terres agricoles depuis les années 1900. Et pourtant, un meilleur usage de la biodiversité agricole favoriserait l'obtention de régimes alimentaires plus sains et nutritifs.

Si nous prenons uniquement le cas de la Montérégie, par exemple, les forêts diminuent, se retrouvant sous la barre des 20% et m?me sous les 10% dans plusieurs municipalit?s. Le ? focus ? est mis sur le rendement, sur la productivit? de la terre, sur la profitabilit? et non sur la qualit? nourrici?re des aliments. Les agriculteurs répondent aux forces du marché. Malheureusement, les grandes cultures élues par celui-ci sont celles du maïs et du soya, qui ont un impact négatif sur la capacité des sols à se restaurer. Aujourd'hui, au Québec, on évalue la production de maïs à 4 millions de tonnes par année, alors qu'en 1973, ce chiffre avoisinait plutôt les 250 000 tonnes. Le rendement par hectare a également doublé. Pour le soya, la production a aussi explosé, passant de 50 000 tonnes ? 800 000 tonnes par année dont 75% de ces r?coltes sont expédiées ? l'étranger. De telles monocultures ont pour effet de dégrader le sol, de polluer l'eau, de réduire la biodiversité, etc. Il est nécessaire de se questionner sur la légitimité de ces monocultures. Je fais référence à la Montérégie, car c'est la région que je connais le mieux, j'y ai grandi et ma maison était entourée par ce type de cultures. Chaque année, je ne voyais que maïs ou soya autour de moi, des champs de maïs plus souvent qu'autrement. Il ne s'agissait pas de maïs destiné à la consommation humaine, mais plutôt à l'élevage et à la production laitière. Tous ces champs encerclant le domicile familial avaient pour objectif de nourrir des animaux qui, en définitive, devaient nous servir de nourriture.

En y réfléchissant bien, cela me pose un réel problème, car ces immenses productions se justifient par la consommation de viande et de produits transformés dont le sirop de ma?s fait partie. Malgr? des impacts environnementaux lourds de cons?quence, peu d'agriculteurs envisagent de limiter ces productions. Le portefeuille prend le dessus sur la qualité de notre alimentation et sur la biodiversit?. Ce ne sont pas de telles productions industrielles qui assurent la plus grande part de l'alimentation humaine, mais bien les plus petites fermes. L'humanité s'est, elle-même, faite prisonnière d'un modèle d'agriculture dommageable et fautif. En 2017, la revue scientifique Nature Communications publiait une étude expliquant que nous pourrions nous tourner vers une agriculture biologique pour subvenir aux besoins alimentaires de la population sans cesse grandissante, mais un tel virage implique à la fois une réduction cons?quente de notre consommation de produits d'origine animale et une diminution de notre gaspillage alimentaire. En ce qui me concerne, j'ai emboîté le pas à cette réflexion depuis plusieurs années déjà. Et vous, est-ce que vous êtes d'attaque à incarner ce changement?


Stéphanie St-Pierre

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