Marché local
2018-06-23
Et si on vivait dans un monde sans emballages superflus?

Et si on vivait dans un monde sans emballages superflus?

Dans les dernières semaines, plusieurs médias ont abordé la problématique de l'emballage et surtout du « suremballage ». Ici, à Montréal, mais aussi un peu partout à travers le monde, plusieurs initiatives citoyennes ont été mises sur pied afin de sensibiliser les citoyens, les commerçants et l'état en ce qui a trait à leur consommation de produits alimentaires emballés (essentiellement de pellicules plastiques). Ces initiatives se traduisent par des « attaques au plastique », les organisateurs de ces événements ponctuels souhaitant montrer l'ampleur du phénomène de suremballage. L'emballage des produits alimentaires est un problème réel qui concerne toutes les instances de la société, du citoyen au dirigeant. Il est légitime de s'interroger sur l'ampleur de cette problématique. équiterre a publié un dossier portant sur « les impacts négatifs de notre système alimentaire actuel » et dans ce dernier, l'organisme expose plusieurs faits affolants quant à la surabondance d'emballages dans notre système de consommation. Grosso modo, équiterre explique qu'à l'heure actuelle, nous fabriquons 80% plus d'emballages qu'en 1960, c'est-à-dire approximativement 200kg par personne par année. Pouvez-vous imaginer ce « 200kg » multiplié par le nombre d'habitants vivant à Montréal, puis au Québec, puis sur l'ensemble du territoire canadien? Une telle vision est tout simplement désolante et inacceptable. Par ailleurs, il est essentiel d'être conscient que, pour la fabrication d'un dîner surgelé à faible teneur calorique, plus d'une quinzaine d'étapes de transformation et d'emballages sont nécessaires, ce qui correspond à une valeur énergétique 40 fois supérieure à la valeur alimentaire de la portion. En s'appuyant sur ces faits, nous croyons qu'il est fondamental de comprendre les conséquences de l'emballage pour l'environnement.

L'emballage doit être repensé et ce, par les différentes instances qui constituent la société. Nous ne pourrons arriver à un résultat significatif que si chaque sphère y met du sien et choisit d'être un acteur de changement.

Les entreprises : Ce sont les premiers acteurs de la pollution, car ils évaluent d'abord et avant tout la rentabilité du produit qu'ils mettent sur le marché. Entre un contenant plus écologique, mais aussi plus coûteux et un contenant en plastique à bas prix, le commerçant a tôt fait de choisir le contenant qui lui occasionnera le moins de frais excédentaires. Il est déplorable que les entreprises se soucient aussi peu du coût environnemental des emballages de leurs produits, car en y réfléchissant bien, nombreuses sont les étapes du cycle de vie de l'emballage si nous tenons compte de l'extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication en passant par les étapes d'acheminement par transport et des impacts des emballages enfouis ou incinérés sur la qualité des sols, de l'eau et de l'air. Lorsqu'on s'attarde à l'ensemble de ces étapes, il nous est impossible de considérer les emballages superflus autrement que comme une source de pollution supplémentaire. Pour des questions d'hygiène et de salubrité, le MAPAQ rend obligatoire l'emballage de certains aliments, mais pourquoi encourager la surabondance d'emballages de plastique? Dans un entretien au journal LeDevoir, Sylvain Allard, directeur du programme de design graphique à l'UQAM et spécialiste de l'emballage explique qu'il n'y a pas de vision globale dans la plupart des entreprises. On roule encore avec la vision que le plastique est recyclable, que ça règle tout. Or, si le plastique n'est pas recyclé, on n'a rien gagné. Si on l'envoie à l'autre bout du monde, en Chine, il y a une empreinte carbone qui vient annuler tous nos efforts. Le fait de pouvoir recycler le plastique n'est pas une raison suffisante pour en abuser. Si certaines initiatives industrielles méritent s'être soulignées, elles ne sont toutefois pas majoritaires. Pourtant, des solutions de remplacement à l'emballage de plastique existent. Afin que nous cessions de consommer une quantité effarante de produits alimentaires emballés, il importe que les industries visent non seulement la réduction des emballages, mais aussi qu'ils prennent le temps de repenser la fonction même d'emballage afin de donner une autre utilité à celui-ci, minimisant ainsi les pertes et les quantités astronomiques d'emballages superflus dans les sites d'enfouissement et les centres de recyclage.

Le citoyen : En tant que consommateur, le citoyen influence la gestion de l'offre et de la demande. Il représente également le plus grand nombre qui a le devoir de dénoncer une inaction et de rejeter une manière de faire. Si le citoyen prend conscience que le suremballage alimentaire occasionne des problèmes environnementaux, il a le devoir de faire tout ce qui est en son pouvoir pour viser la réduction de ses achats emballés. De plus en plus, il existe des commerces zéro déchet qui encouragent les consommateurs à apporter leurs propres contenants plutôt que d'acheter des produits emballés. Nous invitons les citoyens à favoriser les produits qui ne sont pas emballés et à privilégier des emballages compostables ou biodégradables. Si le citoyen en vient à prendre le réflexe d'apporter ses propres contenants (réutilisables) chez les commerçants, la quantité de plastique jonchant l'environnement diminuera de manière significative.

L'état : Cette instance législative et exécutive détient le pouvoir d'enjoindre les commerçants à cesser l'utilisation des emballages en plastique. Plus de quarante pays ont adopté des stratégies nationales de réduction de plastique, mais sur ce point, le Canada, un pays membre du G7, est largement à la traine. Imposer des consignes sur les emballages en plastique serait pourtant un moyen louable d'amener les entreprises à revoir leur utilisation des emballages. L'état dispose du pouvoir de forcer le changement à l'échelle nationale. Quand verra-t-on un parti politique tenir le pari de renverser la vapeur en ce qui a trait à l'environnement?

Que l'on soit citoyen, commerçant ou encore, décideur politique, la première question que nous devrions nous poser est : « A-t-on véritablement besoin d'un emballage? » Si chacun prend le temps de bien réfléchir à cette question, il arrivera aisément à la conclusion qu'il n'y a aucune nécessité de faire appel à un emballage à usage unique. Il en va du bien-être de notre société de poser les actions nécessaires à la réduction des emballages de plastique, voire à la suppression de ceux-ci. Il n'est pas trop tard pour rattraper notre retard sur d'autres pays en matière de comportements écoresponsables et de montrer l'exemple!


Stéphanie St-Pierre

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